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La Balsamine, c’est un théâtre. Pendant longtemps, il s’est même appelé « Théâtre de la Balsamine » et puis « Théâtre la Balsamine » et aujourd’hui, nous faisons le choix de l’appeler « la Balsamine ». Une poussée radicale. Ce n’est pas rien d’appeler un théâtre du nom d’une fleur. Et quelle fleur ! La balsamine est une invasive… Antiseptique si bien dosée, elle peut aussi être mortelle en trop grande quantité… et puis ses clochettes roses ou mauves, parfois bleues, explosent quand on les caresse pour essaimer à plus de quinze mètres autour d’elles. Elle fait d’ailleurs la joie des enfants. On pourrait s’arrêter là, tout serait dit. Oui, à la Balsamine, on est préoccupé·e par une seule chose : Faire pousser du vivant. Des arts vivants. Accompagner la semence, la sortie de terre, le bourgeonnement et l’éclosion des projets des artistes. C’est ça que nous faisons au quotidien. On cultive. Patiemment. Parce que ça demande du temps, la poussée. D’ailleurs, les artistes qu’on aime à accompagner, sont en général, iels aussi, des jardinièr·es en puissance, des semeur·ses de récits et de visions du monde parallèles, sécant·es et pluriel·les. Des artistes qui font cas de l’interdisciplinarité des médiums, qui questionnent leurs démarches et leurs processus de travail, des artistes qui greffent, qui bouturent… avec soin. Des artistes qui se demandent : « c’est quoi le théâtre, aujourd’hui ? ». Souvent ça donne des spectacles, fragiles et sensibles. Audacieux, toujours ! Des spectacles à partager, parce que bien évidemment, il ne s’agit pas pour nous de faire pousser tout ça tout·es seul·es et encore moins de le garder secret. Au contraire, on vous veut avec nous. Cultiver un jardin, c’est le cultiver dans une rue, dans un quartier, dans une ville… avec ses habitant·es, avec ses habitudes, avec un rythme à calquer sur ses saisons, sur les besoins et les aspirations de chacun·e qui vient y habiter un moment, le temps d’un projet, le temps d’une représentation, le temps d’une rencontre. La Balsamine c’est un théâtre. Un théâtre c’est un jardin.